Le SIMI 2025 a changé de décor, et le secteur l’a senti. Le salon a quitté Porte Maillot pour s’installer à Paris Expo, Porte de Versailles. Ce déplacement a donné un format plus lisible, plus fluide, plus “business”. Les chiffres confirment l’élan, avec 26 052 professionnels et 470 exposants sur trois jours.
Ce millésime a aussi joué le rôle de thermomètre. Les investisseurs ont parlé rendement, risque, liquidité, et surtout arbitrages. Les utilisateurs ont insisté sur l’usage réel des mètres carrés. Les territoires ont vendu leur accessibilité, leur foncier, leurs filières. Au centre, un mot a dominé les conversations : décarbonation.
Un SIMI plus dense, plus “place de marché”
Porte de Versailles a poussé les rencontres vers l’action. Les stands ont capté plus de rendez-vous qualifiés, avec moins de dispersion. Les allées ont aussi servi de terrain de négociation, sans grand discours inutile. Le salon a revendiqué une expérience “pavillon unique”, pensée pour rapprocher investisseurs, promoteurs, conseils et collectivités.
La programmation a assumé une ligne claire. Le SIMI a mis en avant des formats dédiés au networking et des espaces d’expertise. Les prises de parole ont cherché des réponses concrètes, pas des slogans. Cette logique a renforcé l’idée d’un salon “indicateur de fin d’année” pour le marché.
Info pratique
Le SIMI 2025 s’est tenu du 9 au 11 décembre, à Paris Expo Porte de Versailles. Le salon a rassemblé des acteurs de tous segments, du bureau à la logistique. Les replays et la photothèque restent accessibles depuis le site officiel. Ça aide pour rattraper une table ronde ratée.
Les phrases qu’on a entendues partout
Les scènes ont varié, mais les messages ont convergé. Les intervenants ont relié réglementation, usages et financement, sans les traiter séparément. Le SIMI a aussi élargi la focale, avec des sujets comme les datacenters et la souveraineté numérique. Plusieurs personnalités ont marqué le programme, dont Vincent Jeanbrun, Gilles Babinet ou François Gemenne.
Dans les discussions, six idées ont dominé :
- La décarbonation guide désormais la valeur, au même niveau que l’emplacement.
- L’IA passe du “buzz” à l’outil, surtout pour piloter exploitation et travaux.
- Le bureau revient, mais il exige une qualité irréprochable et des services crédibles.
- Les territoires gagnent du terrain, à condition d’offrir foncier, talents et mobilité.
- Les classes d’actifs se diversifient, avec un intérêt net pour logistique et datacenters.
- Le financement reste sélectif, donc chaque dossier doit prouver son “plan de transformation”.
Décarbonation : le sujet qui a reclassé tous les actifs
La transition n’a plus le statut de “bonus”. Elle décide de la liquidité, du loyer, et du coût du capital. Les échanges ont insisté sur la rénovation, la réversibilité, et la preuve par la donnée. Les projets ont cherché des trajectoires crédibles, pas une promesse marketing.
Cette tension a créé un tri brutal entre immeubles. Les actifs récents, bien situés, bien conçus, restent désirables. Les ensembles datés subissent une pression directe, car les utilisateurs comparent tout. Si vous suivez le marché des bureaux, le taux de vacance devient un signal simple à lire.
IA, data, PropTech : un virage plus assumé
Le SIMI 2025 a accordé plus de place à l’innovation, avec une journée dédiée Future City Lab. Le salon a aussi lancé un Prix SIMI IA & Innovation, signe d’un changement de statut. L’IA a quitté la posture “démo”, pour entrer dans les cas d’usage.
Les stands PropTech ont poussé un même discours : gagner du temps, sécuriser l’exploitation, fiabiliser la décision. On a beaucoup parlé d’analytics, de suivi énergétique, d’automatisation documentaire. Cette approche colle à un marché nerveux, où chaque erreur coûte cher. Pour creuser le sujet côté terrain, la lecture “PropTech : nouvelles solutions qui transforment l’immobilier” donne un bon panorama.
Datacenters : l’actif qui relie immobilier, énergie et souveraineté
Les datacenters ont occupé une place rare pour un salon historiquement “tertiaire”. Les organisateurs ont même programmé des sessions dédiées à leur création de valeur. Le thème a mélangé foncier, réseau électrique, acceptabilité locale, et stratégie industrielle.
Les collectivités ont aussi pris la parole sur la régulation des implantations. Certaines ont demandé des outils pour maîtriser l’impact énergétique et l’intégration urbaine. France urbaine a résumé l’enjeu sans détour : multiplication des projets, besoin de pilotage local, et arbitrages publics.
Les Prix SIMI 2025 : ce qu’ils racontent du marché
Les palmarès servent souvent de miroir. En 2025, les lauréats ont mis en avant transformation, mixité, et performance. Le Grand Prix “Immeuble de bureau” a récompensé Harmony, à La Garenne-Colombes, avec un campus tertiaire sur reconversion industrielle. Le QG 206 Lafayette a illustré la mixité tertiaire au cœur de Paris
Les autres catégories ont confirmé l’appétit pour l’activité et la logistique. ACTI HALL a porté une logique de modularité, avec une attention aux espaces verts. Le projet Daher / Simaero a montré la recherche de réversibilité et de labels, dont BREEAM. Même le “coup de cœur” a parlé reconversion de friche et travail hybride.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans attendre “le marché”
Les discussions du SIMI 2025 pointent un réflexe utile : piloter, puis arbitrer. Vous gagnez du temps si vous qualifiez vos actifs avec des indicateurs simples. Vous progressez aussi si vous verrouillez les clauses, avant de parler travaux.
Voici deux actions qui reviennent chez les acteurs les plus efficaces :
- Cartographiez vos immeubles par trajectoire carbone, risque technique, et potentiel d’usage.
- Réalignez votre stratégie locative sur la valeur locative réelle, pas sur un souvenir de marché.
L’essentiel à garder du SIMI 2025
Le SIMI 2025 n’a pas promis un retour magique des volumes. Il a plutôt acté une nouvelle grammaire du marché. La décarbonation s’impose comme critère de valeur, au même titre que l’adresse. L’IA devient un levier opérationnel, pas un sujet de salon. Les territoires reprennent la parole, surtout quand ils maîtrisent foncier et énergie.
